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Halavaï - si seulement - ma mère avait vu ça

Publié par bazar dans la cuisine sur 15 Décembre 2011, 06:06am

Catégories : #Bubba

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J’ai perdu ma mère lorsque j’avais quinze ans (je ne l’ai pas égaré, elle est morte), à vingt ans je suis devenue mère à mon tour et elle m’a manquée.
Elle m’a manquée lorsque je tentais de nourrir Mlle 1, lorsque je m’interrogeais sur la couleur improbable du contenu de sa couche, ou sur les irritations de sa peau.  Qui d'autre aurait pu me dire que  les coliques douloureuses deviendraient un souvenir attendrissant. Qu’on chanterait, jouerait lorsque je tentais d’introduire de nouvelles saveurs ou textures dans son alimentation et que cela se soldait par des échecs.

Chaque instant était un vrai cauchemar et semblait sans fin, et je voulais que ma maman soit là,qu'elle mette ses bras autour de moi et me dise que tout irait bien. Qu’un jour ce nourrisson un peu effrayant qui ressemblait plus à Voldemort que je ne voulais l'admettre deviendrait un bambin potelé puis une magnifique jeune femme. Que les vomissements en jets, les irritations de sa poupées, alors que j’attachais les miennes à des arbres pour leur tirer dessus au fusil à patates.

Et qu'un jour, les cicatrices ne guérissent - à la fois physique et émotionnelles - qui nous prévient que la dépression post-partum même légère, est susceptible de déclencher des sanglots au-dessus d’un melon, sur une terrasse ensoleillée à J +15 de l’accouchement.

 Et pendant ce cauchemar de nouvelle mère, je me souviens avoir voulu ma mère pour me guider, me dire quoi faire dans ces moments (ok, mois) de confusion pure et simple.

 Mais elle n'était pas là. J’avais autour de moi des femmes qui ont, chacune à leur place remplacé celle qui n’était pas là, mais à chacune des naissances de mes quatre enfants, l’absence de ma mère, de ses conseils, de son expérience et de son humour était forte. 

Elle avait fondé un jardin d’enfants, elle dirigeait le département « enfants » d’un grand magasin. Elle aurait adoré devenir grand-mère. Lorsque deux de mes enfants sont devenus parents au début de cette année, j’ai ressenti ce qu’elle a manqué.

Pendant les premières années de leurs vies mes trois premiers enfants ont eu une grand-mère, ma belle-mère. Douce et prévenante elle n’avait pas le grain de folie de ma mère mais son amour pour ses petits-enfants était sans limite et nous avons pu compter sur elle pour garder, amuser, promener, nourrir, changer, promener, veiller en cas de fièvre les petits monstres turbulents. Arriver en urgence jour & nuit lorsqu’il le fallait.

Son décès a privé la benjamine de cet amour particulier qu’est celui de la grand-mère. Je n’ai connu aucune de mes grands-mères aussi je comprends sa frustration.

J'ai ensuite insufflé dans notre famille la touche juive, appris à faire la Challah,  les matzeknepflich , la soupe de poulet, célébrer le shabbat et les fêtes autour de notre table. Toutes ces choses nous les avons faites ensemble.

Aujourd’hui alors que mes premiers petits enfants passent du stade de nourrisson à futurs marcheurs, découvreurs de la vie et de leur espace. Je me réjouis de leurs sourires, de leurs discours monosyllabiques à base d’une seule voyelle mais explorant l’ensemble des consonnes, mon cœur fond quand ils sourient, quand leurs petits doigts font tourner la toupie ou quand ils rampent, se lèvent.

Vous avez compris l’esprit ? Je suis grand-mère et prête à leur faire des gâteaux, des confitures, les laisser redécorer le salon avec leurs jouets et les pousser sur la balançoire que nous allons accrocher dans le jardin. Accourir au secours de leurs parents en cas de surcharge, ras-le-bol, deuxième grossesse, n'importe quoi en fait est un prétexte.

J’attends l’arrivée des prochains, la maison est prête, biberons de verre, stérilisateur vapeur, tables à langer, lits à barreaux, chaise haute, poussette. Le grand-père aussi est prêt.

Nous nous apprêtons à célébrer Hannukah qui cette année coïncide avec les fêtes de Noël. Ici nous célébrerons le miracle de la vie avec des jeux, des beignets aussi et des cadeaux pour tous.  Gut yontef. Bonnes fêtes et Halavaï !

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